Aide-ménagère en titres-services : contrat, horaires, déplacements et congés
Un contrat de travail titres-services ne peut jamais prévoir une prestation de moins de 3 heures. Pendant les trois premiers mois, aucun minimum hebdomadaire ne s'applique ; à partir du premier jour travaillé du quatrième mois, la relation de travail devient un contrat à durée indéterminée d'au moins 10 heures par semaine, ou 13 heures pour qui perçoit des allocations. Ces règles relèvent du droit fédéral du travail : elles valent à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.
Par Milhomem GroupPublié le
Quel contrat signe une aide-ménagère en titres-services ?
Une aide-ménagère en titres-services signe un contrat de travail titres-services, dont la forme est fixée par la loi du 20 juillet 2001 visant à favoriser le développement de services et d'emplois de proximité. L'intention de conclure ce contrat doit être constatée par écrit avant la première prestation. Le contrat écrit lui-même doit être établi au plus tard dans les deux jours ouvrables à compter de l'entrée en service. Ces deux délais figurent aux articles 7quater et 7quinquies de cette loi, dans le texte consolidé mis à jour au 9 juillet 2026.
Le contrat de travail titres-services mentionne notamment l'identité des parties, le numéro d'agrément de l'entreprise, la durée et l'horaire de travail. Le numéro d'agrément n'est pas une mention décorative : c'est lui qui rattache le contrat au système des titres-services.
Des contrats à durée déterminée successifs ne sont possibles que pendant les trois premiers mois à dater de la première déclaration Dimona chez un même employeur. Dès le premier jour travaillé du quatrième mois, la relation de travail doit être régie par un contrat à durée indéterminée. Cette règle est fédérale : elle s'applique de la même manière à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Le métier, tel qu'il s'exerce chez Milhomem Group, est présenté sur la page devenir aide-ménagère.
Avant la première prestation
L'intention de conclure un contrat de travail titres-services est constatée par écrit. Rien ne commence sur un accord purement verbal.
Dans les deux jours ouvrables suivant l'entrée en service
Le contrat écrit est établi. Il porte l'identité des parties, le numéro d'agrément de l'entreprise, la durée et l'horaire de travail.
Au premier jour travaillé du quatrième mois
Le contrat à durée indéterminée devient obligatoire. Les contrats à durée déterminée successifs ne sont plus possibles chez le même employeur.
Combien d'heures au minimum par prestation et par semaine ?
Le contrat de travail titres-services ne peut jamais prévoir une durée de prestation inférieure à 3 heures, et ce dès le premier jour. Ce plancher est énoncé par le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, et il est fédéral : il ne change pas d'une Région à l'autre.
Le minimum hebdomadaire, lui, dépend de l'ancienneté chez l'employeur et de la situation personnelle de la travailleuse. Pendant les trois premiers mois à dater de la première déclaration Dimona, aucun minimum hebdomadaire ne s'applique. À partir du premier jour travaillé du quatrième mois, le contrat doit prévoir au moins 13 heures par semaine si la travailleuse perçoit des allocations de chômage, un revenu d'intégration ou une aide sociale financière, et au moins 10 heures par semaine si elle n'en perçoit pas.
| Période | Minimum hebdomadaire |
|---|---|
| Les trois premiers mois à dater de la première déclaration Dimona | aucun minimum |
| Dès le premier jour travaillé du 4e mois, sans allocations | 10 heures |
| Dès le premier jour travaillé du 4e mois, avec allocations de chômage, revenu d'intégration ou aide sociale financière | 13 heures |
Ces minimums hebdomadaires se combinent avec le plancher de 3 heures par prestation, et c'est cette combinaison qui donne sa forme à l'horaire. Dix heures par semaine se répartissent par exemple en deux prestations de 5 heures, ou en trois prestations de 3, 3 et 4 heures. Treize heures se répartissent par exemple en quatre prestations de 3, 3, 3 et 4 heures. Un horaire titres-services se construit donc par blocs de plusieurs heures chez un même utilisateur, jamais par heures isolées.
La durée hebdomadaire de référence, elle, vient de la convention collective de travail du 7 juillet 2025 de la sous-commission paritaire 322.01, celle des entreprises agréées de titres-services : son article 2 fixe cette durée à 38 heures par semaine, au sens de l'article 19 de la loi du 16 mars 1971 sur le travail.
Le salaire, lui, n'est pas national
La convention collective du 7 juillet 2025 ne fixe pas un montant horaire unique pour toute la Belgique : elle organise des régimes distincts selon la Région qui finance le titre-service remis par l'utilisateur. Le critère n'est donc ni le siège de l'entreprise agréée, ni le domicile de l'aide-ménagère. Ce guide ne publie aucun barème de salaire — un montant recopié d'une Région à l'autre est faux par construction. Demandez à votre employeur, par écrit, sur quel article de la convention votre salaire est calculé.
Les trajets entre deux clients sont-ils du temps de travail payé ?
Oui. Les temps de déplacement entre les domiciles de deux utilisateurs successifs constituent du temps de travail rémunéré, indique le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Ils ne sont en revanche pas payés au moyen de titres-services : le titre-service couvre le travail presté chez l'utilisateur, et le temps passé sur la route entre deux adresses est à charge de l'employeur. Cette règle est fédérale.
La distinction se voit à deux endroits. Sur la fiche de paie d'abord : un trajet entre deux utilisateurs qui n'apparaît nulle part est du temps de travail non rémunéré. Dans la construction de l'horaire ensuite : deux prestations aux deux extrémités de Bruxelles coûtent un temps de travail que l'employeur doit payer, ce qui donne à tout le monde une raison de regrouper les adresses d'une même journée. Si le mécanisme du titre lui-même ne vous est pas familier, notre page sur le fonctionnement des titres-services le reprend depuis le début.
Aucun montant d'indemnité de déplacement entre deux utilisateurs n'est publié ici. Les chiffres diffusés par les organisations syndicales divergent entre eux et le texte de la convention collective sectorielle n'a pas pu être consulté au 12 septembre 2026, date de vérification de ce guide. Demandez ce montant par écrit à votre employeur plutôt que de vous fier à un chiffre trouvé en ligne : c'est exactement le genre de donnée qui traîne périmée sur le web.
Qui intervient dans les frais de déplacement entre le domicile et le travail ?
À défaut de disposition sectorielle plus favorable, ce sont les règles interprofessionnelles qui s'appliquent, et elles diffèrent selon le moyen de transport. Elles sont fédérales : elles ne dépendent pas de la Région où la prestation a lieu.
| Moyen de transport | Intervention de l'employeur |
|---|---|
| Train | Obligatoire, selon le barème de la convention collective n° 19/11 du Conseil national du travail, en vigueur depuis le 1er juin 2024 |
| Autres transports en commun | Obligatoire : 75 % du prix réel si le tarif est proportionnel à la distance, 71,8 % si le tarif est forfaitaire, plafonné au tarif du train pour 7 km |
| Vélo | Indemnité obligatoire (convention collective n° 164 du 24 janvier 2023) ; un secteur peut y déroger |
| Transport privé, dont la voiture | Intervention non obligatoire, sauf convention collective sectorielle ou d'entreprise |
Le montant par kilomètre de l'indemnité vélo n'est pas repris ici : à la date de vérification, le SPF Emploi n'affichait que le montant valable pour 2025. Une indemnité kilométrique se réindexe, et un montant de l'an dernier présenté au présent est une erreur de plus, pas une information.
Pour la voiture, la lecture doit rester précise. Le SPF Emploi indique que l'intervention de l'employeur n'est pas obligatoire pour le transport privé, sauf si une convention collective sectorielle ou d'entreprise la prévoit. La question se pose donc avant la signature du contrat, et pas au premier remboursement refusé : demandez à votre employeur si une telle convention existe chez lui.
L'employeur doit-il fournir et laver les vêtements de travail ?
Oui. Le Code du bien-être au travail impose à l'employeur de fournir les vêtements de travail sans frais pour le travailleur, dès le début des activités, et d'en assurer le renouvellement. L'employeur assure aussi, ou fait assurer à ses frais, le nettoyage, la réparation et l'entretien de ces vêtements. Il lui est interdit d'octroyer une prime ou une indemnité pour que le travailleur s'en charge lui-même. Cette obligation est fédérale et vaut quelle que soit la prestation, aide ménagère comme repassage.
Une ouverture existe depuis l'arrêté royal du 11 juin 2023, publié le 5 juillet 2023 et en vigueur le 1er août 2023 : une convention collective de travail peut autoriser le travailleur à acheter et/ou entretenir lui-même ses vêtements contre prime ou indemnité. Elle est encadrée par trois conditions : l'analyse des risques doit le permettre, le comité pour la prévention et la protection au travail doit marquer son accord, et le conseiller en prévention aussi.
Une prime « lessive » ne se décide pas de la main à la main
L'exception ouverte en 2023 passe par une convention collective de travail et par l'accord du comité et du conseiller en prévention. Hors de ce cadre, l'interdiction d'octroyer une prime ou une indemnité pour que le travailleur s'occupe lui-même de ses vêtements de travail reste la règle.
Combien de jours fériés payés compte une année de travail ?
Dix. La loi du 4 janvier 1974 et l'arrêté royal du 18 avril 1974 fixent dix jours fériés légaux payés par an, identiques dans les trois Régions.
- 1er janvier
- Lundi de Pâques
- 1er mai
- Ascension
- Lundi de Pentecôte
- 21 juillet
- 15 août
- 1er novembre
- 11 novembre
- 25 décembre
Un jour férié qui tombe un dimanche ou un jour d'inactivité habituel doit être remplacé par un jour d'activité habituelle. La règle compte particulièrement pour un horaire à temps partiel réparti sur une partie de la semaine seulement : un jour férié qui tombe le jour où vous ne travaillez jamais ne disparaît pas, il se déplace.
Le nombre de jours de vacances annuelles et le montant du pécule de vacances ne sont pas publiés dans ce guide. Les pages officielles qui les portent n'ont pas pu être ouvertes à la date de vérification, et Milhomem Group ne publie pas un chiffre réglementaire qu'il n'a pas lu à la source. Votre employeur ou votre organisation syndicale vous donneront le décompte exact, sur la base des textes qu'ils ont en main.
A-t-on droit à des éco-chèques et à une prime de fin d'année ?
Sur les éco-chèques, la réponse tient dans un document daté. L'aperçu sectoriel des éco-chèques publié par le SPF Emploi, arrêté au 31 décembre 2024, ne reprend pas la sous-commission paritaire 322.01 — celle des entreprises agréées de titres-services — parmi les commissions ayant conclu une convention collective éco-chèques. Il n'y mentionne que la commission paritaire 322, avec la convention du 16 février 2016, qui accorde aux intérimaires les mêmes conditions que chez les utilisateurs. Ne comptez donc pas sur des éco-chèques sectoriels en titres-services sur la base de ce document.
La prime de fin d'année, elle, existe, et elle ne vient pas de l'employeur : elle est payée par le Fonds Social Titres-Services de la commission paritaire 322.01. Le Fonds annonce un taux de 4,50 % des rémunérations brutes de la période de référence pour la prime 2025 ; sa page n'affichait pas encore de taux pour 2026 au 12 septembre 2026. Le millésime compte ici autant que le pourcentage.
- Période de référence : du 1er juillet au 30 juin.
- Condition de travail effectif : avoir travaillé au moins 30 jours pendant cette période de référence.
- Assimilations : jusqu'à 26 jours de chômage économique et 15 semaines de congé de maternité sont assimilés.
- Paiement : par virement au début du mois de décembre, par le Fonds et non par l'employeur.
Ces règles dessinent un métier plus encadré que sa réputation ne le laisse croire : un contrat écrit avant la première heure de travail, un plancher de 3 heures par prestation, un contrat à durée indéterminée au quatrième mois, des trajets entre clients rémunérés, une tenue de travail fournie et entretenue par l'employeur. Si le poste vous intéresse, le formulaire de candidature reste ouvert toute l'année.
Les questions qu'on nous pose
Puis-je travailler moins de 3 heures d'affilée chez un client ?
Non. Le contrat de travail titres-services ne peut jamais prévoir une durée de prestation inférieure à 3 heures, et ce dès le premier jour de travail. Ce plancher relève du droit fédéral : il vaut à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre.
Mon employeur peut-il enchaîner les contrats à durée déterminée ?
Seulement pendant les trois premiers mois à dater de la première déclaration Dimona chez ce même employeur. Dès le premier jour travaillé du quatrième mois, la relation de travail doit être régie par un contrat à durée indéterminée.
Dois-je acheter et entretenir moi-même ma tenue de travail ?
Non. L'employeur fournit les vêtements de travail sans frais dès le début des activités, en assure le renouvellement, et assure ou fait assurer à ses frais le nettoyage, la réparation et l'entretien. Depuis l'arrêté royal du 11 juin 2023, une convention collective peut prévoir l'inverse contre prime ou indemnité, si l'analyse des risques le permet et si le comité et le conseiller en prévention marquent leur accord.
Combien de jours fériés payés compte une année ?
Dix jours fériés légaux payés, identiques dans les trois Régions. Un jour férié qui tombe un dimanche ou un jour d'inactivité habituel doit être remplacé par un jour d'activité habituelle.
On s'en occupe ?
Sources officielles
- SPF Emploi, Travail et Concertation sociale — Contrat de travail titres-services : durée minimale hebdomadaire et durée minimale des prestations — consultée le
- SPF Emploi, Travail et Concertation sociale — Contrat de travail titres-services — consultée le
- Loi du 20 juillet 2001 visant à favoriser le développement de services et d'emplois de proximité — texte consolidé (Justel) — consultée le
- Convention collective de travail du 7 juillet 2025, sous-commission paritaire 322.01 (n° 196132/CO/322.01) — consultée le
- SPF Emploi — Intervention de l'employeur dans les frais de déplacement domicile-lieu de travail — consultée le
- SPF Emploi — Arrêté royal du 11 juin 2023 modifiant le Code du bien-être au travail (vêtements de travail) — consultée le
- SPF Emploi — Jours fériés (loi du 4 janvier 1974 ; arrêté royal du 18 avril 1974) — consultée le
- SPF Emploi — Aperçu sectoriel éco-chèques 2023-2024, situation au 31 décembre 2024 — consultée le
- Fonds Social Titres-Services (CP 322.01) — Prime de fin d'année — consultée le
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